Le Féminin Sacré ou Apostola Apostolorum
Introduction
La pénintence de Marie MadeleineGuido Reni (1635)
Marie Madeleine ou Miriam de Magdala, a aujourd´hui une image déformée de ce qu'elle était vraiment à l'époque des premiers chrétiens. Nous verrons à quel point elle a été marginalisée.
Nous relaterons un peu sa vie et les différents jugements qui ont été faits à son égard. Il est un devoir, en tant que gnostique, de savoir et de comprendre le pourquoi de la marginalisation de Marie Madeleine.
L'objectif de cet exposé, est de faire un peu de lumière sur cette image, à l'aide de quelques références de grands spécialistes qui soutiennent cette version.
Il était indispensable pour moi de donner ces quelques informations, et aussi de connaître exactement le positionnement gnostique sur ce que j'émets. J'ai donc lu le texte à Oscar Uzcategui, mon mari, pour connaître son opinion. C'est sans prétention. Je souhaite seulement partager un peu nos conversations, ses questions et ses réponses, sur ce qui a trait, ici, à Marie Madeleine.
Le rôle de la femme à l'époque des premiers chrétiens sera à peine abordé. Ce thème très intéressant est bien trop vaste et particulier.
Car durant cette période, il y a eu nombre de femmes exceptionnelles, des héroïnes, des guerrières, des prophétesses comme par exemple: Esther, Ruth, Déborah, Huldah, Rahab, etc. Et que dire de Junias, femme de l'apôtre Paul, qui se serait christifiée avant lui. Non, le but est beaucoup plus simple.
Nous parlerons de la plus Grande, de Marie Madeleine, de ce Modèle de femme, de cet exemple pour nous tous, hommes et femmes. Et comme elle le dit si bien: «…oubliez le sexe masculin et féminin, ce dont nous parlons tous, c'est de devenir vraiment HUMAIN.»
J'espère qu'après cette lecture, nous serons en mesure de mieux la connaître et surtout de mieux concevoir, entre autres, qu'elle n'a jamais été une prostituée…
Un peu d'Histoire
La Légende Dorée, qui raconte la vie de plusieurs saints dont celle de Marie Madeleine, est un des ouvrages fondamentaux du Moyen âge, traduit en plusieurs langues, et est l'œuvre la plus lue et la plus éditée de l'époque. Elle a été écrite par Jacques de Voragine, moine italien de l'ordre des dominicains, entre 1259 et 1266.
En voici un extrait:
Marie, surnommée Magdeleine, du château de Magdalon, naquit de parents des plus illustres, puisqu'ils descendaient de la race royale. Son père se nommait Syrus et sa mère Eucharie. Marie possédait en commun avec Lazare, son frère, et Marthe, sa sœur, le château situé à deux miles de Générazeth, Béthanie et une grande partie de Jérusalem.
Marthe fournissait le nécessaire aux soldats, à ses serviteurs, et aux pauvres. Toutefois, Marthe, Lazare et Marie Madeleine vendirent tous leurs biens après l'ascension de Jésus-Christ et en apportèrent le prix aux apôtres…
Q.: Oscar, que nous dit la Gnose sur Lazare et Marthe ? étaientils vraiment le frère et la sœur de Marie Madeleine ?
R.: Oui, c'est exact. C'est cela. Lazare et Marthe étaient ses frère et sœur.
Marie Madeleine apparaît pour la première fois dans la Bible vers l'an 25, dans un village de pêcheurs, à Capharnaüm en Galilée, où Jésus acquiert rapidement une réputation de guérisseur.
La suite de sa vie, nous allons mieux la connaître après dans ce même texte.
Nous pouvons dire qu'en raison de son rôle essentiel dans la résurrection, on lui a attribuée le nom d'Apôtre des Apôtres (Apostola Apostolorum). Le fait d'avoir été le premier témoin de la résurrection, accorde en soi une grande autorité. Si le rôle de Marie Madeleine avait été mieux connu, il en aurait résulté une Église plus universelle.
La scène de la résurrection est d'une importance capitale, nous le verrons. Cette scène est, de plus, très intime. Voici, un exemple de la familiarité de cette scène. Il faut expliquer que l'araméen est la langue parlée en Palestine à cette époque.
En araméen, le nom de Marie est Mariam. Jésus-Christ n'utilise jamais cette langue lorsqu'il fait des miracles, s'adresse à Dieu, ou lorsqu'il est en haut de la croix… mais là, lorsqu'il voit Marie Madeleine après la résurrection, il lui parle en araméen et dit: «Mariam»… Subitement elle se rend compte que c'est lui et répond «Rabboni»…, qui en hébreu veut dire Maître... Cette scène est très intime et très touchante de la part du Christ, de la part du couple…
Noli me tangereAgnolo Bronzino (1561)
La Légende Dorée nous explique aussi l'arrivée de Marie Madeleine sur les rivages français, à bord d'un petit bateau dépourvu de voiles et de rames.
Selon la tradition, il y avait plusieurs personnes à bord de l'embarcation, dont Marthe, Sarah, plusieurs Marie, Lazare, l'évêque Maximin, Joseph d'Arimathie, etc.
«Ils furent mis dans ce vaisseau, par les infidèles, et abandonnés sur la mer sans aucun pilote afin qu'ils fussent engloutis. Cependant, par miracle, ils débarquèrent aux Saintes-Maries-de-la-Mer.»
L'une des preuves les plus anciennes est le Tapis de l'Exil, appartenant à Jérémy Pine, conservateur permanent de ce trésor datant de mille huit cents ans. Un fragment de ce Tapis nous dépeint la fuite de Marie Madeleine. On la voit auréolée et les cheveux roux, portant une marque sur le front et dans une embarcation de couleur bleue. On y voit plusieurs personnes, dont un enfant. On semble y dépeindre le Calice, et d'autres bagages, etc.
En 1212, Gervais de Tilbury mentionne par écrit que soixante-douze personnes (hommes et femmes), disciples du Christ Jésus, avaient été chassées de Judée et menacées par la mer dans un bateau dépourvu de rames.
Selon un spécialiste allemand qui a fait l'acquisition de l'Évangile de Marie (qui se «perdit» juste au moment où on commence à parler de Marie Madeleine en tant que prostituée), Marie Madeleine a une vision dans laquelle Jésus lui dit qu'il voit sa nouvelle image… Puis, elle exhorte les apôtres à suivre les directives de Jésus et à prêcher ses enseignements aux non-croyants.
Dès lors, Marie Madeleine entreprend un rôle ardu d'apostolat et d'évangéliste. Elle convertit le sud de la Gaule au christianisme. Ensuite, elle passe le reste de sa vie dans une grotte, à la Sainte-Baume située dans le sud de la France. Plusieurs affirment posséder des reliques de ses os et des mèches de sa célèbre chevelure rousse.
On dit que Marie Madeleine vécut d'une nourriture divine durant trente années dans cette grotte. Qu'elle demeura là, dans la pénitence et la contemplation. Et qu'un jour elle descendit vers la plaine, jusqu'à l'oratoire de Saint-Maximin, reçut en communion le corps et le sang du Christ, et mourut dans les bras de saint Maximin et son âme s'envola près de son Sauveur.
Il est triste de dire, que la Révolution française et la Terreur qui suivit n'ont pas été tendres à l'égard des sites comme celui-ci, en particulier à cause de la protection royale dont ils bénéficiaient, et que beaucoup de reliques ont été perdues.
Au XIIIeme siècle, un culte à Marie Madeleine se développa dans la ville bourguignonne de Vézelay, avec les reliques de Marie Madeleine… Douze ans après, on trouva de nouvelles reliques de Madeleine dans la crypte de Saint-Maximin, près d'Aix-en-Provence…
Une chapelle lui est dédiée à Marseille; elle est construite sur les ruines d'un ancien temple consacré à Diane d'Éphèse. Sa fête est célébrée le 22 juillet.
À Saint-Maximin, dans le sud de la France, des frères dominicains présentent encore son crâne doté d'un bout de peau miraculeusement préservée à l'endroit où le Christ Jésus lui a touché le front après la résurrection.
Fragment du retable de Ste-MadeleineLa Sainte sur le port de Marseille
Pere Mates (1526)
Il est intéressant de savoir qu'au XIIIeme siècle, à l'époque des moines mendiants franciscains et dominicains, le culte de Marie Madeleine connut une diffusion internationale. Ces deux ordres étaient très dévoués à la Sainte. Marie Madeleine a toujours été un exemple et un modèle pour saint François d'Assise.
Un culte lui est fait aussi dans la littérature de l'époque. Des monuments, des couvents, des églises, des chapelles lui sont dédiés en Provence (France), et à Naples (Italie), entre autres.
Sa renommée dura pendant toute la période médiévale, mais fut finalement victime des réformes entreprises par le Concile de Trente, et rassemblées plus tard au XVIeme siècle, dans le but de répliquer aux protestants, car ces derniers ciblaient le culte des saints, et le tournaient en dérision.
Q.: Oscar, que peux-tu nous dire à ce propos?
R.: Oui, il est bien certain que les rapports du Concile de Trente furent utilisés, plus tard, par le protestantisme qui attaqua l'église catholique sur le fait indistinct qu'elle nommait les saints.
Il est aussi certain que l'église catholique profita de ces attaques faites par les protestants comme prétexte, pour tenter de faire disparaître de l'histoire du Christianisme légitime l'image et la trajectoire de cette femme sacrée.
C'est ainsi que l'on peut dire qu'a commencé une croisade contre Marie Madeleine et, au passage, le catholicisme a mis les barrières pour que l'office liturgique reste seulement aux mains des hommes.
Le côté désastreux de l'Histoire
Il faut expliquer, pour commencer, que le christianisme est passé d'une religion juive étrange, selon laquelle la fin des temps approchait, à une religion différente de celle du Christ Jésus lui-même.
De plus, les Romains modifièrent l'antimatérialisme révolutionnaire de Jésus-Christ en utilisant le christianisme (terme qui apparaît pour la première fois au IIeme siècle) pour justifier l'accumulation de puissance et de richesses, plutôt que de favoriser l'autoréalisation prônée par des documents gnostiques comme l'Évangile de Thomas et l'Évangile de Marie.
Ils ont éliminé la recherche du savoir et la possibilité de se rapprocher de Dieu de manière individuelle.
Ils ont dénoncé, en tant qu'hérésie, les traditions liées aux Mystères et les pratiques gnostiques.
Q.: Comment vois-tu cela Oscar?
R.: Ceci fait partie, dès le Concile de Trente, de la tentative qu'a fait et continue de faire l'église pour établir une croyance qu'elle a fabriquée de toutes pièces afin de s'écarter pour toujours des postulats gnostiques chrétiens établis, à l'origine, par Jésus-Christ.
Constantin, au IVeme siècle, se convertit à un type de christianisme orthodoxe, et l'état romain devint chrétien. C'est alors que l'état com mença à exercer son influence sur le christianisme. Et l'Empire qui avait toujours été antichrétien est devenu chrétien, et a donc dicté la forme qu'allait devoir prendre le christianisme.
Q.: Oscar, que peux-tu nous dire sur cela, ça paraît incroyable?
R.: Cela a été une des grandes erreurs de l'église catholique: chercher le pouvoir à tout prix, coûte que coûte, et si nécessaire vendre la doctrine à un pouvoir politique, et c'est ce qui a été fait de nombreuses fois.
La CrucifixionRaphael
Q.: Est-ce la Grande Loi qui a accepté que le christianisme passe aux mains de Constantin?
R.: Ce que voulait la Grande Loi divine, c'était répandre les enseignements de Jésus à travers tout l'Empire ainsi que dans tous les pays du Monde ; mais malheureusement, certains, qui faisaient par-tie des files chrétiennes, se mobilisèrent pour s'unir à Constantin.
C'étaient ceux qui ne voulaient pas suivre les enseignements originels de Jésus et qui plus tard, formèrent ce qui est aujourd'hui l'église catholique. Tout cela est arrivé à cause de l'état égoïque avancé des gens de cette époque, qui faisaient partie et continuent de faire partie du Kali Yuga, c'est-à-dire l'époque des ténébres dans laquelle avance l'humanité.
Q.: La Gnose pourrait-elle tomber dans cette recherche de pouvoir politique si elle existait comme église gnostique?
R.: Non, tant qu'elle restera l'église gnostique. Mais, nous pouvons tomber un jour dans la même erreur si nous oublions que notre recherche est intérieure et non extérieure.
Les mouvements spirituels qui haïssaient la chair: le stoïcisme, le manichéisme, le néoplatonisme abondaient chez les Romains de cette époque. De plus, l'Évangile de Marie, au IVeme siècle, était un obstacle majeur à l'instauration de la prééminence masculine. Donc, il fallait refaçonner l'image de Marie Madeleine et faire disparaître son Évangile car dans cet Évangile, l'autorité est définie comme reposant non pas sur une hiérarchie masculine, mais sur l'autorité d'Hommes et de Femmes ayant acquis une force de caractère et une maturité spirituelle.
Q.: Oscar, que peux-tu nous dire à ce propos?
R.: Cela a toujours été l'erreur de ceux qui ont trahi le message originel de Jésus, et de ceux qui ont considéré que ce qui était important était qu'un homme dirige l'église, sans prendre en considération si cet homme avait réellement les mérites internes devant la Grande Loi et devant la hiérarchie divine pour pouvoir le faire. C'est pourquoi la grâce qu'a la Gnose, au sens divin, est qu'elle attribue les mêmes droits aux hommes et aux femmes, de pouvoir atteindre les niveaux les plus élevés de la spiritualité indépendamment du sexe que l'on a.
On dit qu'au IIemesiècle, l'Église prit de l'expansion, et que les femmes furent écartées, opprimées, soumises, et il en a été de même pour l'élément qu'elle représente aux yeux de certains: la sexualité. Heureusement, certains groupes gnostiques étaient réputés pour l'importance qu'ils donnaient aux femmes.
Au IVeme siècle, on déclara que la mère de Jésus-Christ était vierge; la chasteté devint alors un idéal et les femmes des tentatrices…
Ce n'est qu'au XIIeme siècle qu'on exigea de tous les prêtres catholiques romains d'être célibataires, mais l'incitation date de bien avant.
Q.: Oscar, avec ces concepts, il s'avère pratiquement impossible pour une femme, de vivre le chemin et ce n'est pas plus facile pour les hommes, car comment peuvent-ils sentir, vibrer, connaître et s'approcher du Féminin Sacré s'ils croient à ces concepts?
R.: En définitive, ceux qui ne savent pas voir dans la femme la représentation du Dieu-Mère ne pourront jamais recevoir les feux sacrés et ne pourront pas non plus se réconcilier avec l'Esprit Saint et la Mère Divine. Conclusion: nier la femme dans les Mystères signifie refuser à nous tous le chemin.
Le but de l'Église a été d'annuler le rôle ésotérique de la femme. L'Église s'en est pris à la plus Grande, Marie Madeleine, pour introduire ses concepts contre les femmes.
Plusieurs spécialistes nous disent clairement que c'est le 14 septembre 591, lors de son homélie 33, que le pape Grégoire Ier fonda en un seul personnage, la Marie Madeleine des sept démons, la Marie d'Égypte et la pécheresse anonyme. Il fut le premier à tromper les gens.
Certains chrétiens, dont ce pape, ont pour arguments philosophiques que la sexualité est un péché, un vice, et par conséquent les femmes des tentatrices et source du péché…
En peu de temps, on a associé Marie Madeleine à la femme adultère anonyme que le Christ Jésus avait sauvée de la lapidation ainsi qu'à une autre femme qui n'est même pas mentionnée dans le Nouveau Testament, Marie d'Égypte, une prostituée repentie du IVeme siècle.
Il existait déjà plusieurs légendes au sujet de différentes femmes nommées Marie, qui avaient été des prostituées et qui s'étaient converties au christianisme.
Ainsi, ce pape imposa son interprétation des textes évangéliques, et malheureusement, les moines et les prêtres allaient lire et relire ce sermon.
Selon James Carroll (ordonné prêtre en 1969, il quitta la prêtrise en 1974 pour devenir écrivain): «Ainsi s'amorce la création de Marie Madeleine en tant que prostituée repentie, une manœuvre réalisée par des hommes et pour des hommes. Un point de vue de célibataire inventé de toutes pièces par des célibataires. Ce mouvement religieux a commencé à faire preuve de misogynie plutôt que de la combattre. Le moteur de cette sexualisation antisexuelle de Marie Madeleine était le besoin que ressentaient les hommes de dominer les femmes. Ce besoin se fait encore sentir au sein de l'Église catholique comme ailleurs.»
Le pape Grégoire décida, donc, que le péché de Marie Madeleine, puisque c'était une femme repentie, était celui de la luxure. Elle devenait donc la contrepartie de la Vierge Marie. Ainsi, pour être rachetée, une femme (ou un homme) devait renoncer à sa sexualité.
Q.: Que peux-tu nous dire à ce sujet, Oscar?
R.: Cela fait partie de la négation de la nature humaine elle- même par cette institution catholique et les papes y ont contribué de manière indiscutable, spécialement, le pape Grégoire Ier en renforçant ce concept de renoncement aux fonctions naturelles du corps humain, comme instrument de rédemption, comme instrument de rapprochement vers le Père. C'est une grave erreur, je le répète, de la part de l'église catholique. Il faut se baser sur le fait que ce qui est un péché c'est la luxure, et non la sexualité.
Marie MadeleineCarlo Dolci
Marie Madeleine a été marginalisée dans le nouveau testament. Le nouveau testament a été décidé ainsi, en oubliant les autres Évangiles dits apocryphes.
Ce n'est pas le Christ Jésus qui l'a voulue ainsi, cette Bible. L'interprétation spirituelle de Marie Madeleine au sujet de la résurrection a été, en fin de compte, supprimée parce qu'elle était dangereusement proche du point de vue des gnostiques.
Elle a été marginalisée en tant que personne, en tant qu'apôtre, et en tant que femme du Béni Yeshua Ben Pandira, non seulement de la part de l'Église mais aussi de la part de l'iconographie et de l'art en général surtout au cours des siècles derniers.
Au Moyen âge, pendant la Réforme et la Renaissance, l'idée selon laquelle une femme ne pouvait être QUALIFIÉE d'apôtre, prit racine.
La reconnaissance de la Bénie Madeleine comme un Apôtre ou comme un Maître modifie la façon dont on voit Jésus-Christ ainsi que la façon dont on parvient au salut.
Q.: Son rôle a été simplifié, associé à celui d'autres femmes, comme ce fut le cas avec une certaine Marie d'égypte, qui fut une prostituée repentie, et avec tout ceci, ils ont prétendu faire une nouvelle et seule version. J'ai un profond respect pour Marie la repentie, mais le fait est qu'il ne s'agit pas de Marie Madeleine... Oscar, je pense que si nous marginalisons Marie Madeleine, nous marginalisons aussi la résurrection, nous lui enlevons son importance, est-ce cela qui est arrivé?
R.: Oui, indiscutablement. Parce qu'en niant le rôle de Marie Madeleine dans le contexte du drame christique, ils ont, par conséquent, affaibli ce drame en lui-même. Car le Grand Maître Jésus (Aberamentho) n'aurait pas pu réaliser ses processus sans l'aide de cette grande Femme. Et c'est ce que n'a jamais voulu accepter l'église catholique. C'est pourquoi Marie Madeleine, et personne d'autre, allait être celle qui verrait, pour la première fois, le Sauveur ressuscité. Si nous la marginalisons, nous perdons l'importance de ce témoignage et nous relativisons les preuves et l'importance de la résurrection et, par conséquent, l'histoire reste sans l'élément conjugal, qui connecte la mort de Jésus à sa résurrection.
Donc, si on enlève de l'importance à Marie Madeleine, alors on enlève de l'importance à la scène de la résurrection puisqu'elle en fait partie. Alors, la résurrection de Jésus-Christ devient un fait propre à lui seul et non un objectif pour tous.
Si on valorise vraiment ce qu'elle est, la scène prend beaucoup d'importance. Elle devient l'apôtre qui prouve le Salut, ce que veut dire suivre le Christ. Et comme nous le savons, c'est grâce à l'union sexuelle qu'on peut atteindre ce but, l'Autoréalisation, qui est la finalité du chemin. Donc, on comprend pourquoi l'Église ne parlera jamais d'eux en tant que couple. Pourtant l'apôtre Philippe en a parlé (Évangile de Philippe planche 111).
Un évêque épiscopalien, John Spong, croit qu'un mariage entre Marie Madeleine et Jésus est probable, que la conclusion que fait l'Église est fondée sur la mauvaise manière dont le christianisme a toujours traité les femmes.
Lynn Picknett, nous dit qu'il y a des preuves montrant que Marie Madeleine était la femme de Jésus. Elle juge très étrange, le silence qui règne à ce sujet, «…très étrange puisque les juifs pensaient que le célibat était inconvenant et que Jésus et ses disciples pourraient avoir éveillé les soupçons des autorités… par crainte de l'homosexualité. Quant au silence dans les Évangiles, il serait dû à un type d'union que les juifs ne reconnaissaient pas…»
Q.: Oscar, quel est ce type d'union dont parle Mme Picknett?
R.: En réalité ce qu'il y eut entre Jésus et Marie Madeleine fut un mariage célébré en secret au moyen d'un rite gnostique. Et que sûrement Jésus a mis en pratique devant la Grande Loi et devant leur Grand Être respectif.
Simon Pierre suggère que Marie Madeleine devrait quitter leur cercle «…parce que les femmes ne sont pas dignes de vie…» Jésus répond: «Je l'attirerai pour la faire mâle, pour qu'elle aussi soit un esprit vivant, semblable à vous les hommes: car toute femme qui se fera mâle entrera dans le Royaume des Cieux.»
Le Christ a dit aussi: «…réduisez à l'unité le masculin et le féminin, de manière à ce que le mâle cesse d'être mâle et la femelle femelle.»
Q.: Que peux-tu nous en dire, Oscar?
R.: Ce que nous pouvons dire, et ce qu'a voulu dire Jésus-Christ à Simon Pierre et à nous tous, c'est que comme l'explique la Gnose contemporaine du Vénérable Maître Samael Aun Weor, il est possible qu'une femme prenne part à la vie éternelle quand elle se met en activité avec son Christ intime. Et c'est ce que Jésus a voulu dire aux apôtres; je vais travailler avec elle de manière qu'elle se fasse Homme, c'est-à-dire que se fasse une incarnation vivante du fils de l'Homme, c'est-à-dire du Christ intime. Et c'est le but de toute Femme et de tout Homme d'arriver à se christifier.
Vitrail de l’église de KilmoreStephen Adam (1910)
Nous pouvons mieux comprendre pourquoi toutes ces églises, toutes ces religions sont mortes, car elles ont toutes annihilé l'esprit du Féminin Sacré, et l'union de la dualité mâle et femelle qui constituait un élément fondamental des cultes religieux en Égypte, en Grèce, etc. Dans la Grèce antique, aussi bien Zeus qu'Athéna apparaissaient miraculeusement aux gens pour les aider… Il y avait un respect envers le Sacré, envers cette dualité féminine et masculine et le Sacré pouvait alors se manifester. Il ne faut pas oublier ces femmes qui ont été brûlées du temps de l'Inquisition, dit de la «chasse aux sorcières». J'ai eu l'opportunité d'étudier ce thème à l'université au Canada. On nous disait que la majorité des femmes brûlées, torturées étaient des herboristes, des guérisseuses, des sages-femmes, etc.
De plus, le Maître Samael Aun Weor nous confirme que certaines de ces femmes étaient des gnostiques, et que peu étaient de vraies sorcières. Ces femmes ont été martyrisées par l'Église, mais comme c'est loin dans le temps, cela nous touche moins, et on relativise. à cette époque, on en avait contre la Gnose et contre la femme.
Il ne faut pas oublier non plus les Cathares qui ont été traqués, torturés et exécutés par l'Église médiévale. Plus d'un million d'entre-eux ont été massacrés en raison de leurs croyances dites hérétiques, selon lesquelles Marie Madeleine aurait été l'épouse de Jésus-Christ, et par la suite, la véritable fondatrice spirituelle de la chrétienté dans le monde occidental.
Q.: Pourquoi les catholiques et les chrétiens orthodoxes se sontils tant éloignés des premiers chrétiens, jusqu'à en arriver à tuer au nom de Dieu ? Et tout ceci sans parler du jugement fait à la grande Jeanne d'Arc?
R.: Cela s'est produit parce que ces pseudo-chrétiens qui ensuite se sont convertis au catholicisme, en réalité, consciemment, par désirs de pouvoir, ont voulu trahir le message originel de Jésus. Et tous ceux qui pouvaient devenir des menaces contre leurs intérêts personnels, ont été attaqués y compris par les forces armées; et de là, les persécutions et le massacre des Templiers, des Cathares, des Carbonari, qui étaient des initiés qui continuaient à divulguer en secret le véritable et légitime message de Jésus-Christ.
Évidemment, il ne faut pas tomber dans le féminisme, ou revenir à l'époque des amazones, non, loin de là. Il faut simplement trouver cet équilibre, cette relation saine entre l'homme et la femme. Lorsqu'il y a cet amalgame de l'homme et de la femme dans une société, dans la vie de tous les jours, cela se répercute dans notre vie intime et spirituelle.
Pour moi, elle est, (ce n'est pas un blasphème si je le dis), cette représentation, cette énergie du Christ au féminin. Nous connaissons l'aspect féminin et masculin du troisième Logos. Peut-on affirmer que le béni Yeshua Ben Pandira et Marie Madeleine sont, entre autres, l'aspect féminin et masculin du deuxième Logos ? De plus, tous les deux représentent un aspect divin et humain à la fois…
Q.: Que peux-tu me dire à ce sujet, Oscar?
R.: Nous ne pouvons pas dire de manière officielle que Marie Madeleine et Jésus sont l'aspect féminin et masculin du Deuxième Logos (en termes cabalistiques), mais ce que nous pouvons dire, c'est que Marie Madeleine et Jésus le Christ sont les représentations vivantes du Deuxième Logos.
Conclusion
Ce n'est qu'en 1969, que le Vatican a annulé l'interprétation de Marie Madeleine comme prostituée, sans aucune excuse ou déclaration officielle. En grande partie à cause des pressions provenant de l'intérieur même de l'Église, et dit-on, de groupes féministes.
Non seulement nous affirmons qu'elle n'a jamais été une prostituée, mais nous ajoutons qu'elle est une héroïne, une sainte, une femme autoréalisée, la disciple préférée et la femme du Vénérable Maître Abéramentho. Une femme divine et à la fois très humaine.
Tous les spécialistes, les théologiens et les experts, à l'intérieur comme à l'extérieur de l'Église catholique, croient généralement main-tenant que Marie Madeleine a été extrêmement mal traitée au cours des siècles.
Marie Madeleine est un symbole de repentir et de mort psychologique. Elle représente aussi, la féminité, l'amour, l'humilité, la fidélité,
le courage, la visionnaire, la missionnaire, celle qui fait des miracles, celle qui est débordante de foi au pied de la croix, la messagère de la ré
surrection, une fondatrice du christianisme à qui Jésus-Christ a confié la mission de répandre la bonne parole.
Elle est un symbole de force et de courage, puisqu'elle dit aux apôtres affligés après la crucifixion: «Ne soyez pas dans la peine et le doute, car sa Grâce vous accompagnera et vous protégera; louons plutôt Sa Grandeur…».
Elle souffre plus que tous les autres, et c'est grâce à sa force, à sa grandeur, à sa sagesse du cœur, qu'elle leur a répondu cela.
Elle a oint le Christ avant la résurrection. Sans elle, le christianisme est complètement différent, et loin de la Gnose.
Si on considère Marie Madeleine de manière sacrée, la femme est sacrée et donc la sexualité est sacrée…
Jésus-Christ dit: «Elle est le Royaume de Dieu». Il dit aussi: «Marie, toi qui es bénie, que j'ai rendue parfaite dans tous les Mystères du haut, parle ouvertement, toi dont le cœur est dirigé vers le Royaume des Cieux plus que celui de tous tes semblables.» et: «…tu es bénie entre toutes les femmes de la terre et parce que tu seras la plénitude de toutes les plénitudes et la perfection de toutes les perfections».
Le Maître Samael Aun Weor nous dit, que: «Marie Madeleine resplendit terriblement divine».
Même si nous avons été éduqués dans une autre religion que le christianisme, il faut la vénérer, l'étudier, comprendre son rôle pour deux grande raisons: elle est un Grand Maître, une Femme Christifiée, la disciple et l'Apôtre du plus Grand Maître de notre Cosmos qui est Yeshua Ben Pandira. C'est un devoir de connaître tous les Maîtres des différentes cultures et traditions de la Loge Blanche, car ils sont là pour nous aider et parce qu'ils sont des exemples vivants à suivre. L'autre raison est de la connaître en tant que partie autoconsciente de notre Être, cette partie qui nous aide dans le repentir de soi-même.
Sainte Marie MadeleineGiacomo Cadevone
Voilà tout; je voulais simplement partager ces quelques informations sur Marie Madeleine et sur le Féminin Sacré qu'elle représente.
Je crois qu'en tant que femme nous devons lutter, tout en restant à notre place, cette place que Dieu a voulu pour nous. Bénie soit la femme qui comprend et accepte son rôle avec amour, et béni soit l'homme qui la comprend, la respecte, l'aime et la supporte dans toute la complexité de son rôle. Ces hommes et ces femmes pourront se rapprocher de leur Mère divine et comprendre mieux le rôle de Marie Madeleine. C'est ce que je nous souhaite à tous….
Je remercie Oscar pour sa patience, pour sa bonté, pour s'être prêté à ce questionnaire et d'avoir accepté cette recherche.
Évidemment, je remercie le Vénérable Maître Samael Aun Weor pour avoir permis aux femmes d'accéder aux connaissances divines, magiques et spirituelles, et de nous les faire comprendre. Personne ne l'avait fait avant lui, après le Christ Jésus...
Une des missions du Christ Jésus est d'avoir «restauré le féminin». Le Vénérable Maître Samael Aun Weor a en fait tout autant.
La Dernière Cène (fragment)Juan de Juanes
